Hi.

Welcome to my blog. I document my adventures in travel, style, and food. Hope you have a nice stay!

Mange-t-on bien dans les CHSLD?

Mange-t-on bien dans les CHSLD?

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Dr Gaétan Barrette, la ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l’intimidation, Mme Francine Charbonneau, ainsi que l’adjointe parlementaire du ministre de la Santé et des Services sociaux et députée de Crémazie, Mme Marie Montpetit, ont annoncé récemment la mise en œuvre d’une démarche visant à améliorer l’organisation des soins et des services offerts aux aînés du Québec, à domicile et en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), incluant une meilleure alimentation et nutrition.

 

CHSLD vs. maison
En 2011, l’Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ) avait fait un exercice. Selon ses calculs, on dépensait en moyenne au Québec 1,60$ pour chaque repas donné en milieu hospitalier (soit environ 4,80$ excluant les collations). En guise de comparaison, l'OPDQ estime qu'une personne en santé, à la maison, dépense au moins 7,76$ par jour en nourriture, une différence de 62%. Et nous sommes très loin des sommes dépensées au restaurant ! Même si ces chiffres datent de plus de 5 ans, encore aujourd’hui, on parle que le budget quotidien par personne oscillerait entre 6,00$ et 8,00$ incluant tous les repas et les collations.
 

Compressions budgétaires et alimentation ne font pas bon ménage
Les compressions budgétaires ont un effet préoccupant sur la qualité et la quantité des aliments servis dans les hôpitaux et CHSLD. De plus, la hausse constante du prix des aliments au cours des dernières années n’échappe pas non plus aux gestionnaires des CHSLD qui doivent négocier leurs contrats d’approvisionnement auprès de grossistes. Certes, il y a des économies d’échelle lorsqu’on passe par des grossistes, mais pas tout le temps non plus. Une collègue qui travaille en gestion de services alimentaires m’a confié qu’en été, le prix des sucettes glacées était largement inférieur dans les épiceries qu’auprès du grossiste en alimentation. Les personnes âgées peuvent prendre ces sucettes glacées pour se rafraîchir lors des chaudes journées d’été. De plus, les conditions et régimes particuliers de certains patients, qui désirerait opter pour un menu végétarien par exemple, haussent les coûts de l’assiette, car l’achat de certains produits revient plus cher.
 

Promesses du Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD
À l’issue de ce premier Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD, les présidents-directeurs généraux (PDG) des établissements du réseau de la santé et des services sociaux ont confirmé leur intention d’honorer cinq grands engagements dont les deux suivants qui concernent l’alimentation et la nutrition :

  • Assurer une saine nutrition des résidents et promouvoir le plaisir de l’alimentation (ex. : assister le résident et l’encourager à s’alimenter et à boire et assurer un apport calorique et une hydratation suffisante);
  • Rendre disponibles les aides techniques et les équipements appropriés pour favoriser l’autonomie fonctionnelle des résidents et pour mieux répondre à leurs besoins et préférences (ex. : utiliser des ustensiles, de la vaisselle et des contenants adaptés à la condition du résident, lui rappelant le milieu familial).
     

Interaction avec les médicaments
La majorité des personnes hébergées en CHSLD prennent plusieurs médicaments différents. Le nombre de médicaments chez cette clientèle, selon ce qui a été répertorié dans des CHSLD du Québec, est de douze en moyenne. Or, de nombreuses études ont démontré que le risque d'interactions médicamenteuses croît chez un patient qui consomme plusieurs médicaments. Il passe de 6 pour cent pour un patient prenant deux médicaments à 100 pour cent dans le cas d'un patient qui prend dix médicaments ou plus[1]. Certes, il y a des interactions médicaments-médicaments, mais il y a aussi des interactions aliments-médicaments qu’il faut considérer. De plus, certains médicaments auront des effets secondaires non négligeables sur l’appétit. La prise de médicaments avant un repas accompagné d’un verre d’eau peut également couper l’appétit chez la personne âgée, car celle-ci aura l’impression d’être déjà parvenue à la satiété et, conséquemment, mangera de plus petites portions au repas qui suivra. Plusieurs personnes prennent tellement de médicaments qu’ils se sentent déjà remplis avant même d’avoir commencé à manger. À ce moment, il peut être possible de s’ajuster en prenant les médicaments avec des bouchées ou dans de la compote de pommes servie en dessert par exemple.

 

En conclusion, plusieurs défis demeurent quant à l’amélioration des soins de santé dans les CHSLD et l’alimentation et la nutrition en sont au cœur. Il est primordial d’accorder plus de sous à la nutrition dans ces centres et non pas seulement via la qualité et la quantité de nourriture, mais également par la présence d’un nutritionniste qui veillera sur la santé nutritionnelle et le bien-être des patients. Certes, on désire avoir des aliments de qualité pour nos aînés, mais je ne doute aucunement des compétences de mes collègues nutritionnistes qui gèrent les cuisines, qui implantent de nouveaux menus et qui travaillent en interdisciplinarité avec tous les autres intervenants pour offrir ce qu’il y a de mieux avec les moyens disponibles. Ils font certainement de petits miracles avec ce qu’on leur octroie. Avec l’injection d’argent neuf dans le système et les promesses faites suite à ce premier Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD, espérons seulement que ces petits miracles puissent paver la voie à de plus grands !


Référence :
[1] Lin P. Les interactions médicamenteuses et la polypharmacie chez les personnes âgées. Revue canadienne de la maladie d'Alzheimer 2003 ; Sept : 10-14.

 

Banane et chocolat : le duo menacé

Banane et chocolat : le duo menacé

Sauvons l'habitat du poisson

Sauvons l'habitat du poisson