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24h dans la vie d'un producteur de pommes de terre

24h dans la vie d'un producteur de pommes de terre

La culture de la pomme de terre est sacrée au Canada et surtout dans une petite localité du nom de Florenceville située tout près de la frontière américaine au Nouveau-Brunswick. J’ai eu le plaisir de m’y rendre, vers la fin mai, pour participer à la mise en terre des semis. La saison des semis dure environ 14 jours, tout au plus, et le fermier doit, au cours de longues journées de travail de plus de 12-13 heures, assumer plusieurs rôles dont superviseur, mécano, conducteur de machinerie agricole, planificateur, en plus d’assurer un rôle tout aussi important : celui d’être père de famille et de former la relève ! Retour sur une rencontre passionnante entre Shawn Paget, producteur de pommes de terre pour McCain!

Photo : Hubert Cormier

Le travail à la ferme est très exigeant, surtout pendant la période des semis et celle des récoltes à l’automne. Shawn se lève peu avant le lever du soleil, vers 5h45, pour commencer sa journée. Première chose à faire : regarder les prévisions météorologiques. Si jamais une journée s’annonçait maussade, il faudra reporter le travail à la suivante, et ce, même s’il s’agit d’une journée de fin de semaine. Très peu de repos pour les fermiers qui doivent souvent travailler 6 jours sur 7 pour s’assurer que les champs seront prêts pour l’été.

Photo : Hubert Cormier

Photo : Hubert Cormier

Le petit-déjeuner englouti, on part en direction des champs. À l’entrée de ceux-ci se trouve un entrepôt où les semences de pommes de terre sont stockées. Il y en a des milliers. Les conditions de conservation (humidité, température, éclairage sombre) sont toutes réunies pour que les semences soient en parfaite condition. La température est stable à 9 degrés Celsius (48 degrés Fahrenheit) ce qui permet à la semence d’être conditionnée pour la plantation. En fait, l’obtention de ces « semences » se fait à partir de patates entières qu’on coupe en deux, quatre ou six selon sa taille initiale, ce qui nous donnera autant de plants que de coupes. La coupe se fait directement à l’entrepôt. Il faut toutefois s’assurer qu’il y ait un œil (voir mon article précédent à ce sujet juste ici). Chaque morceau de pommes de terre ainsi obtenu doit peser environ 2 onces (ou +/- 60 grammes).

Chaque semence donnera environ 12 pommes de terre. Ainsi, en faisant un calcul rapide, une seule pomme de terre coupée en 4 permettra de générer près de 48 tubercules à la fin de la saison. Il s’agit vraiment d’un beau retour sur l’investissement. Pas surprenant que le mildiou, une maladie qui a ravagé les pommes de terre au cours des années 1840, ait déclenché les plus grandes famines connues sur la planète.

Une fois le chargement des semences effectué, on se rend directement dans les champs où la machinerie et les tracteurs nous attendent. Shawn n’est pas seul à travailler dans les champs. Il compte sur une équipe de 12 employés, dont trois qui viennent l’aider l’été et à l’automne au moment des récoltes. Il engage majoritairement des personnes de la région, mais avoue que le personnel se fait de plus en plus rare, surtout que la population avoisinante vieillit.

Une fois sur place, on aperçoit les rangs de pommes de terre. Une partie du travail est déjà commencé. Les semences sont alors plantées à quatorze pouces (35 cm) de distance pour permettre aux plants de se développer au maximum. À l’aide de tracteurs munis de bornes GPS, les travailleurs plantent les semences ultra rapidement, car la largeur de ce dernier permet de couvrir 6 rangs à la fois ! Les travailleurs ont 15 jours pour planter 800 acres de terrain. Une moyenne de 53 acres par jour est atteinte, lorsque la température le permet. Il faudra 1600 livres (725 kg) de semences pour y arriver.

Fait étonnant : la pelure sur la partie coupée des semences se régénérera en moins de deux semaines.
— Shawn Paget, producteur de pommes de terre

Shawn avoue que c’est beaucoup plus facile aujourd’hui à l’aide des nouvelles technologies. Ces dernières permettent de calculer les données et les résultats sont affichés en temps réels sur les téléphones intelligents plutôt que d’avoir à effectuer des calculs complexes à l’aide de chartes, comme avant. Les fermiers doivent regarder le niveau de pH du sol, la nutrition des sols, le niveau de phosphore, la compaction de la terre et le contenu en matières organiques afin de voir si le sol est en santé ou non). Ces données sont précieuses et permettent de poser des actions qui amélioreront le rendement.

Shawn possède 2350 acres de terrain, dont 800 sont destinés à la pomme de terre, ce qui en fait sa culture principale.

Ma collègue torontoise Abbey Sharp et moi étions étonnés de constater à quel point la culture de la pomme de terre était efficace. Malgré une présence accrue de moustiques, nous nous sommes aventurés dans les champs avec toute l’équipe. Sous le soleil ardent de midi, l’endroit ressemblait à un désert, comme le témoigne la photo ci-dessous. Toutefois, lorsque les plans de pommes de terre poussent, les champs seront verdoyants et luxuriants.

Photo : Hubert Cormier

Photo : Hubert Cormier

Shawn semblait immunisé contre les moustiques ! Il ne les remarque même plus. Nous avons beaucoup ri, car toute l’équipe se faisait constamment piquer. Leçon à en tirer : se munir de vêtements longs, même s’il fait plus de 30 degrés Celsius à l’extérieur.


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Au retour à la ferme, Shawn a reçu un appel comme quoi un équipement était brisé. Il devra donc aller le réparer après nous avoir gentiment reconduits à notre voiture. Ces contretemps arrivent et font partie de l’aventure, d’où l’importance d’être débrouillard et d’avoir des compétences dans d’autres domaines telle que la mécanique. Même si la journée pour nous se terminait, Shawn était loin de se mettre au lit. Lors de la saison des semis et des récoltes, il n’est souvent pas à la maison avant 22h. Les vacances se font également très rares. Quelques expéditions de 4-5 jours pour visiter des amis qui vivent aux États-Unis et on rentre au bercail. Sa dévotion et son intérêt marqué pour ses produits me touchent grandement.

Lorsqu’on achète des aliments produits au Canada, on ne réalise souvent pas à quel point ce geste contribue à l’économie et permet à plusieurs milliers de travailleurs de vivre de leur culture. C’est fascinant de voir les dessous de la culture de la pomme de terre et si vous passez par le Nouveau-Brunswick, je vous invite à aller visiter les musées et les centres d’interprétation qui y sont consacrés. Si vous avez la chance de vous rendre directement dans les champs, vous serez émerveillés par tous les plants de pommes de terre en rang qui couvrent une vaste étendue. Déjà, j’ai très hâte à la saison des récoltes pour vous raconter la suite !

*J’ai reçu des honoraires de McCain pour la rédaction de ce billet. L’entreprise m’a invité à visiter une des fermes partenaires de McCain à Florenceville, NB, Canada.  


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