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Rien sur les sucres ajoutés...

Rien sur les sucres ajoutés...

Cette semaine, Santé Canada a présenté les changements à l’étiquetage des aliments. Ces changements étaient très attendus et font suite à de nombreuses consultations publiques auprès de la population et de l’industrie pour avoir le reflet le plus réaliste possible de la situation actuelle au pays. Étonnamment, je ne suis pas tombé de ma chaise en voyant les divers changements proposés, car l’information avait quand même circulé récemment et nous avions eu quelques aperçus des changements. Par contre, la grosse déception pour la majorité des professionnels de la santé et même pour la plupart d’entre vous est l’absence d’une ligne pour les fameux « sucres ajoutés ». J’ai cherché à comprendre pourquoi. Voici ma réflexion :  

Tout d’abord, voici les principaux changements proposés par Santé Canada concernant les sucres. Les changements apportés aux renseignements sur les sucres se trouvent dans :

  • Le tableau de la valeur nutritive
  • La liste des ingrédients.

Un pourcentage (%) de la valeur nutritive y a été ajouté à l'égard des sucres totaux – et non des sucres ajoutés – ce qui a pour but de vous aider à :

  • Comparer la teneur en sucres de différents aliments
  • Reconnaître les aliments sucrés dont il faut limiter la consommation

Des changements dans la liste d’ingrédients
Les ingrédients à base de sucres ont été regroupés entre parenthèses en ordre décroissant fondé sur le poids à la suite du nom Sucres. Ce regroupement est fait dans le but de vous aider à voir que des sucres ont été ajoutés à l'aliment, à trouver rapidement les sources de sucres ajoutés à votre aliment et à comprendre la quantité de sucres ajoutée aux aliments par rapport aux autres ingrédients

Les sucres peuvent comprendre : le sucre blanc, le sucre de betterave, le sucre brut ou la cassonade, le sirop d'agave, le miel, le sirop d'érable, l'extrait de malt d'orge, la mélasse qualité fantaisie, le fructose, le glucose, glucose-fructose (aussi connu sous le nom de sirop de maïs à haute teneur en fructose), le maltose, le saccharose, le dextrose et même les jus de fruits concentrés et les concentrés de purée de fruits qui sont ajoutés aux aliments en remplacement des sucres

Rien concernant les sucres ajoutés
Le gouvernement a choisi de ne pas aller de l’avant avec l’affichage du nombre de grammes de sucres ajoutés. Ils ont opté pour l’établissement d’un pourcentage de valeur quotidienne basé sur les quantités de sucres ici-bas. Par contre, ces quantités sont pour les sucres totaux et ne concernent pas du tout les sucres ajoutés. Ainsi, ils comprennent les sucres naturellement présents dans les aliments, les sucres libres et les sucres ajoutés. Aucune possibilité de faire une distinction entre les types de sucres... 😓

Quantités de sucre par jour pour :

  • Aliment destiné exclusivement aux enfants âgés d’au moins un an mais de moins de quatre ans = 50 grammes
  • Aliment destiné aux enfants âgés d’au moins un an mais de moins de quatre ans ou aux enfants âgés d’au moins quatre ans et aux adultes = 100 grammes

De juillet à septembre 2014, Santé Canada a tenu des consultations avec les consommateurs et les intervenants au sujet des changements proposés aux étiquettes des aliments, incluant les changements aux portions indiquées, à l'étiquetage du sucre et à la liste des ingrédients. Les commentaires recueillis sur le sucre lors de la période de consultation furent les suivants :

  1. L’incapacité pour les méthodes d’analyse de faire la distinction entre le sucre d’origine naturelle et le sucre ajouté contribuerait à d’importants défis en matière de conformité et d’application de la loi. En outre, l’industrie a indiqué que, selon des travaux de recherche réalisés aux États-Unis, les consommateurs ont une compréhension limitée de la déclaration « sucre ajouté » dans le TVN.
  2. Les consommateurs favorisaient des valeurs quotidiennes (VQ) pour le sucre, mais l’industrie remettait en question le fondement de celles-ci et les intervenants du milieu de la santé craignaient qu’elles ne découragent la consommation de bonnes sources de sucre, comme les fruits et les légumes entiers et les produits laitiers réguliers.
  3. La plupart des consommateurs et des intervenants du milieu de la santé étaient d’avis que le regroupement des sources de sucre dans la liste des ingrédients serait utile pour les consommateurs, tandis que l’industrie craignait que cela ne nuise à la pratique conventionnelle d’énumération des ingrédients en ordre décroissant de poids.

Une question d’argent ?
Voici ce que j’ai trouvé en fouillant sur La Gazette du Canada [2] : Les intervenants ont indiqué que le coût serait au maximum de 727.1 millions de dollars et, après l’élimination des valeurs extrêmes (c’est-à-dire celles qui s’éloignent largement des autres), 598 millions de dollars. Par contre, la décision d’utiliser l’approche liée à la valeur quotidienne pour les sucres au lieu de celle des sucres ajoutés réduirait significativement ces coûts. […] Une période d’entrée en vigueur de 5 ans a été choisie afin de minimiser les coûts de la mise en œuvre des modifications réglementaires proposées. L'argent mène donc le bal et l'instauration d'une nouvelle ligne concernant les sucres ajoutés au tableau de la valeur nutritive coûterait beaucoup trop cher au gouvernement et à l'industrie. 

Pourquoi pas comme chez nos voisins du sud ?
Les États-Unis proposent de rendre obligatoire la déclaration de la quantité totale de sucre et de la quantité de sucre ajouté (juste en dessous de la quantité totale) sur les étiquettes. Ces quantités seraient fournies en grammes puisque les États-Unis n’ont pas établi de VQ pour le sucre comme nous sommes sur le point de le faire au Canada. Bien que les propositions des États-Unis et du Canada aient le même objectif global relatif au sucre, les professionnels de la santé – incluant les nutritionnistes – militaient depuis des lunes pour voir apparaître le nombre de grammes de sucres ajoutés aux aliments et qu’ils soient clairement indiqués. Par contre, cette approche relative au sucre ajouté (similaire à celle proposée aux États-Unis) et l’approche relative au pourcentage de la valeur quotidienne (dans les modifications proposées au Canada) ont été présentées aux consommateurs canadiens dans le cadre des consultations menées en 2014. Les commentaires recueillis lors de ces consultations révèlent que les Canadiens trouvent le pourcentage de la valeur quotidienne plus facile à comprendre et plus utile que l’approche aux États-Unis.

Pas que du négatif !
Mention honorable à un petit changement, mais qui fait toute la différence : Pour les produits vendus en emballages d’une seule portion, la portion indiquée sera maintenant la quantité qui se trouve dans le contenant entier. Fini la confusion ! Par exemple, si vous buvez un jus et la bouteille est de 473 ml, le tableau affichera les informations relatives au contenu de toute la bouteille et n’essaiera pas de vous en passer une p’tite vite en n’inscrivant que les valeurs nutritives pour 250 ml. Cela portant grandement à confusion, car qui ne finit pas une bouteille de jus, de lait au chocolat, de thé glacé ou de boisson gazeuse une fois ouverte. Avant, il fallait faire une règle de trois (mais qui fait ça, vraiment ?) pour trouver le contenu réel en sucres – et autres nutriments – du produit !

En conclusion, nous n’aurons probablement jamais l’information concernant les sucres ajoutés pour des raisons principalement monétaires, mais également parce que le niveau de littératie en santé est faible au pays et que les Canadiens préfèrent encore se fier à des pourcentages de valeur quotidienne (qui sont les mêmes pour tous) plutôt que de se prendre en main et devoir être confrontés à l’affichage des quantités réelles de sucres ajoutés, ce qui les obligeraient à peut-être être plus vigilants et conscients en lien avec leurs apports en sucres ajoutés.

Référence :

  1. http://canadiensensante.gc.ca/eating-nutrition/label-etiquetage/changes-modifications-fra.php#a4
  2. http://www.gazette.gc.ca/rp-pr/p1/2015/2015-06-13/html/reg1-fra.php

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